Mesure des vibrations

Sommaire

Prendre la mesure des vibrations, c’est rendre visibles des sollicitations mécaniques invisibles qui affectent les opérateurs, les machines et la qualité des ouvrages. Elle permet d’estimer l’exposition quotidienne A(8), de comprendre l’origine des sollicitations (main-bras ou corps entier) et d’orienter des solutions de maîtrise pragmatiques. En pratique, l’évaluation se structure autour de protocoles métrologiques, d’une instrumentation conforme et d’un traitement des incertitudes. Des repères de gouvernance sont largement établis, comme la valeur d’action quotidienne A(8) de 2,5 m/s² et la valeur limite de 5 m/s² pour l’exposition main-bras (référentiel de bonnes pratiques inspiré de la Directive 2002/44/CE), ou encore 0,5 m/s² (action) et 1,15 m/s² (limite) pour le corps entier. La mesure des vibrations s’inscrit aussi dans un cadre normatif international, par exemple ISO 5349-1:2001 pour la main-bras et ISO 2631-1:1997 pour le corps entier, avec une instrumentation vérifiée selon ISO 8041-1:2017. Au-delà de la conformité, elle fournit une base factuelle pour prioriser les actions, entre réduction à la source, choix d’outils moins vibrants, organisation des cycles de travail et suivi de l’efficacité. La mesure des vibrations devient alors un véritable outil de pilotage SST, à la fois préventif et curatif, ancré dans la réalité du terrain et dans une logique d’amélioration continue.

Définitions et termes clés

Mesure des vibrations
Mesure des vibrations

La mesure des vibrations s’appuie sur des notions fondamentales qui conditionnent la qualité des résultats et leur interprétation.

  • Exposition main-bras (A(8) m/s²) et exposition corps entier (A(8) m/s²), pondérées en fréquence (Wh, Wk).
  • Accélération vibratoire triaxiale (ax, ay, az) et vecteur résultant.
  • Fenêtrage temporel, tâches représentatives et scénario journalier pondéré 8 h.
  • Incertitude élargie (U), traçabilité, étalonnage et vérification fonctionnelle.
  • Chaîne de mesure conforme (capteurs, conditionnement, enregistreur) selon ISO 8041-1:2017.
  • Domaines de fréquence recommandés par ISO 5349-1:2001 (main-bras) et ISO 2631-1:1997 (corps entier).

Point de repère normatif: une chaîne métrologique de classe adaptée, vérifiée tous les 12 mois au minimum (bonnes pratiques alignées ISO 8041-1:2017), garantit la comparabilité des mesures.

Objectifs et résultats attendus

Mesure des vibrations
Mesure des vibrations

Les objectifs de la mesure des vibrations s’articulent autour de la santé au travail, de la performance opérationnelle et de la maîtrise des risques industriels.

  • Vérifier le respect des repères A(8) de 2,5 m/s² (action) et 5 m/s² (limite) pour le main-bras, 0,5 m/s² et 1,15 m/s² pour le corps entier.
  • Identifier les tâches et équipements les plus contributeurs pour cibler la réduction à la source.
  • Prioriser les mesures techniques et organisationnelles selon l’importance d’exposition.
  • Documenter les expositions pour le suivi dans le temps et l’évaluation des plans d’action.
  • Appuyer la sélection d’outils, sièges, suspensions, amortisseurs et gants antivibratiles adaptés.
  • Améliorer la maintenance préventive et prédictive des équipements vibrants.

Repère de gouvernance: l’agrégation des durées et amplitudes par tâche pour construire A(8) doit suivre une méthodologie cohérente avec ISO 5349-2:2001 (main-bras) et ISO 2631-1:1997 (corps entier).

Applications et exemples

Mesure des vibrations
Mesure des vibrations
Contexte Exemple Vigilance
Chantiers BTP Perforateur, pilonneuse, plaque vibrante Suivre A(8) main-bras au regard de 2,5 m/s²; sols hétérogènes et usage par à-coups.
Industrie manufacturière Meuleuse, riveteuse, ponceuse orbitale Variabilité d’opérateurs; vérification annuelle selon ISO 8041-1:2017.
Transport et machinisme Engins de manutention, chariots, tracteurs Corps entier et siège: repères 0,5 / 1,15 m/s²; suspensions et pneus.
Maintenance et fiabilité Surveillance d’arbres, roulements, pompes Diagnostic vibratoire: capteurs fixés, spectres et bande 1/3 d’octave.

Pour des ressources pédagogiques complémentaires autour des référentiels QHSE, voir aussi la plateforme NEW LEARNING dans une optique d’autoformation structurée.

Démarche de mise en œuvre de Mesure des vibrations

Mesure des vibrations
Mesure des vibrations

Cadrage et périmètre d’évaluation

Le cadrage définit les unités de travail, les familles d’équipements et les scénarios de tâches à instrumenter. En conseil, l’objectif est d’établir une cartographie d’exposition initiale, de préciser les repères (A(8), main-bras/corps entier) et de prioriser les contextes à fort enjeu. Sont produits: protocole de mesure, critères d’échantillonnage, matrice d’observation. En formation, l’accent est mis sur l’appropriation des termes normatifs, la lecture des notices d’outils et la construction de scénarios représentatifs. Point de vigilance: éviter un périmètre trop étroit qui sous-estime l’exposition réelle (tâches saisonnières, pics d’activité). Une difficulté récurrente tient à la disponibilité des opérateurs et à la variabilité interindividuelle, qui exigent une planification rigoureuse et une communication en amont avec l’encadrement opérationnel.

Choix de l’instrumentation et du protocole

Cette étape formalise la chaîne métrologique, la classe des capteurs, leur montage (adaptateurs, straps, sièges instrumentés) et les gammes de fréquence en accord avec les normes de référence. En conseil, il s’agit de spécifier des appareils conformes (vérification ISO 8041-1:2017), de définir les temps de pose, les points de mesure et les vérifications avant/après. Livrables: fiche protocole, formulaires de traçabilité, plan d’étalonnage. En formation, on travaille la maîtrise des réglages, la gestion des dérives et l’application de filtres pondérés (Wh/Wk). Vigilance: un montage capteur non conforme ou mal fixé génère des biais. Autre limite: la confusion entre diagnostic vibratoire machine et exposition humaine, qui n’obéissent pas aux mêmes pondérations ni aux mêmes repères.

Campagne de mesures sur le terrain

La campagne vise à collecter des données représentatives, dans des conditions d’usage normales. En conseil, le prestataire coordonne les créneaux, instrumente les outils/sièges, observe les cycles de travail, et consigne durées et intensités par tâche. Sont réalisés: contrôles fonctionnels, relevés d’environnement, photographie des configurations. En formation, les participants pratiquent la pose de capteurs, le démarrage/arrêt des enregistrements, la tenue des fiches suiveuses et l’identification des situations atypiques. Vigilance: ne pas perturber l’activité, sécuriser les câblages, et éviter l’effet Hawthorne. Une difficulté fréquente est la gestion de l’aléa (météo, pannes, changements de planning), qui impose un plan B et des marges de temps suffisantes.

Traitement et analyse des données

Les signaux sont dépouillés pour calculer A(8) par tâche et par opérateur, avec agrégation sur 8 heures et estimation d’incertitude. En conseil, l’analyse met en évidence les contributions principales, compare aux repères (2,5/5 m/s² et 0,5/1,15 m/s²), produit des graphiques et une synthèse de risques. Livrables: rapport d’analyse, jeux de données, hypothèses et limites. En formation, l’objectif est l’autonomie dans l’utilisation des logiciels, la compréhension des pondérations et la lecture critique des résultats. Vigilance: homogénéiser les hypothèses de durée; expliciter les exclusions; séparer diagnostic machine et exposition opérateur pour éviter des conclusions erronées.

Évaluation des risques et priorisation d’actions

À partir des résultats, l’évaluation classe les situations selon leur gravité et leur fréquence, puis propose des leviers techniques et organisationnels. En conseil, un plan d’actions hiérarchisé est construit (réduction à la source, substitution d’outil, réglages, sièges/suspensions, organisation de la rotation, maintenance). Livrables: matrice de criticité, fiches actions, jalons de suivi. En formation, les équipes s’exercent à transformer un diagnostic en décisions, avec des cas d’école et des ateliers de choix multicritères. Vigilance: éviter les mesures cosmétiques; tenir compte des contraintes opérationnelles (délais, budget, compétences) et des effets secondaires (baisse de productivité, ergonomie modifiée).

Restitution, plan d’action et montée en compétences

La restitution rend les résultats compréhensibles, contextualise les repères et organise le pilotage. En conseil, la présentation aux instances (CSE, direction, managers) s’accompagne d’un plan d’actions daté, d’indicateurs de suivi et d’une stratégie de mesurages périodiques. En formation, on formalise les rôles (référent HSE, responsable maintenance, encadrant), on construit des fiches réflexes et on prévoit des sessions d’actualisation. Vigilance: documenter précisément la traçabilité des hypothèses; anticiper la pérennité des compétences en cas de mobilité interne; planifier une revue annuelle pour actualiser la mesure des vibrations au regard des évolutions d’équipements et d’usages.

Pourquoi réaliser des mesures régulières de vibrations ?

Mesure des vibrations
Mesure des vibrations

Se demander pourquoi réaliser des mesures régulières de vibrations, c’est poser la question de la maîtrise du risque dans la durée. Les profils d’exposition changent au gré des outils, des process, des usures et des organisations; c’est pourquoi réaliser des mesures régulières de vibrations permet de capter cette variabilité et d’éviter les décisions basées sur des données obsolètes. En production, maintenance ou logistique, c’est pourquoi réaliser des mesures régulières de vibrations soutient la priorisation budgétaire et la prévention des troubles musculo-squelettiques. Des repères de gouvernance structurent la périodicité: contrôle fonctionnel à chaque campagne et vérification métrologique au plus tous les 12 mois (cadre ISO 8041-1:2017), re-mesurage après toute modification majeure d’équipement. La mesure des vibrations contribue aussi à l’objectivation d’A(8) vis-à-vis des valeurs de 2,5/5 m/s² (main-bras) et 0,5/1,15 m/s² (corps entier), et à l’évaluation d’efficacité des correctifs. Elle n’est pas un exercice ponctuel: elle alimente un cycle d’amélioration continue, en couplant données terrain, maintenance et retours d’usage.

Comment choisir un vibromètre et les capteurs adaptés ?

Se demander comment choisir un vibromètre et les capteurs adaptés revient à arbitrer entre conformité, robustesse et adéquation aux usages. Le premier critère, pour qui se demande comment choisir un vibromètre et les capteurs adaptés, est la conformité à ISO 8041-1:2017 (chaîne de mesure) et l’adaptation aux pondérations Wh/Wk définies dans ISO 5349-1:2001 et ISO 2631-1:1997. Ensuite, la nature des montages (adapteurs pour poignées, plaques siège, triaxialité) conditionne la qualité des résultats. Dans un atelier, comment choisir un vibromètre et les capteurs adaptés se juge aussi à l’ergonomie: autonomie, protection mécanique, facilité de fixation et synchronisation des tâches. La mesure des vibrations exige des capteurs correctement orientés, une bande passante pertinente, et une traçabilité d’étalonnage. Des repères pratiques: vérifier la certification, exiger une incertitude documentée, planifier une vérification au plus tous les 12 mois, et privilégier des accessoires officiels pour limiter les erreurs de montage. Le coût total inclut maintenance, consommables et formation des utilisateurs.

Dans quels cas privilégier l’évaluation par calcul A(8) plutôt que par mesurage continu ?

La question “dans quels cas privilégier l’évaluation par calcul A(8) plutôt que par mesurage continu ?” se pose lorsque les tâches sont répétitives et bien caractérisées. On privilégie l’évaluation par calcul A(8) plutôt que par mesurage continu quand des valeurs d’émission fiables existent (fiches fabricants, bases internes), et que les durées d’exposition sont contrôlées. Dans quels cas privilégier l’évaluation par calcul A(8) plutôt que par mesurage continu ? Par exemple en menuiserie ou sur chantiers standardisés, avec des cycles stables. Des repères méthodologiques exigent cependant de documenter l’incertitude et de vérifier périodiquement la validité des hypothèses par des campagnes de terrain. Bonnes pratiques: conserver au moins une mesure témoin annuelle, et recourir au mesurage continu si la variabilité est forte, si l’on approche 2,5 m/s² (action) ou 0,5 m/s² (corps entier), ou après toute modification significative du process. La mesure des vibrations gagne en fiabilité quand la combinaison calcul + vérification instrumentée s’inscrit dans un plan de surveillance pluriannuel.

Quelles limites et incertitudes dans l’évaluation des expositions vibratoires ?

Il est essentiel de clarifier quelles limites et incertitudes dans l’évaluation des expositions vibratoires influencent la décision. Les incertitudes proviennent des capteurs (classe, étalonnage), du montage (fixation, orientation), de l’échantillonnage (nombre de cycles, opérateurs), et de l’agrégation des durées. Pour savoir quelles limites et incertitudes dans l’évaluation des expositions vibratoires sont acceptables, il convient de viser une chaîne conforme ISO 8041-1:2017 et de documenter l’incertitude élargie. Lorsque l’on s’interroge sur quelles limites et incertitudes dans l’évaluation des expositions vibratoires sont critiques, on considère la proximité des repères: près de 2,5 m/s² ou 0,5 m/s², l’incertitude peut inverser une conclusion de conformité. La mesure des vibrations doit donc expliciter les hypothèses, séparer les tâches hétérogènes, et éviter d’extrapoler hors du domaine de validité. Repères pratiques: vérification fonctionnelle avant/après chaque campagne, recalibrage au plus tous les 12 mois, et traçabilité des conditions d’essai (température, surface, posture).

Vue méthodologique et structurelle

La mesure des vibrations s’inscrit dans un dispositif de pilotage combinant métrologie, analyse et décision. En pratique, deux approches coexistent et se complètent: des campagnes ponctuelles pour cartographier, et une surveillance périodique pour piloter. La mesure des vibrations s’appuie sur des repères robustes (ISO 5349-1:2001, ISO 2631-1:1997, ISO 8041-1:2017), des comparaisons à A(8) 2,5/5 m/s² et 0,5/1,15 m/s², et une documentation de l’incertitude. Elle alimente des arbitrages sur le choix d’outils, la maintenance, la conception de postes et l’organisation des durées. La mesure des vibrations devient alors un système: acquisition de données de qualité, transformation en indicateurs compréhensibles, puis mise en mouvement d’actions correctives suivies et révisées. Cette cohérence structurelle évite les décisions isolées et consolide la mémoire technique de l’entreprise.

Approche Forces Limites Usage conseillé
Diagnostic ponctuel Photographie détaillée; repérage des pics; alignement aux normes (ISO 5349-1:2001) Instantané; sensible aux aléas; dépend de l’échantillonnage Établir l’état initial; vérifier A(8) vs 2,5/5 m/s²; valider un changement d’outil
Surveillance périodique Tendance; robustesse; gouvernance; détection dérives Ressources récurrentes; besoin d’indicateurs; gestion des données Suivi annuel; après maintenance majeure; proche de 0,5/1,15 m/s² corps entier
  • Définir les unités de travail et scénarios cibles
  • Instrumenter selon ISO 8041-1:2017 et capter les tâches
  • Dépouiller, estimer A(8) et l’incertitude
  • Comparer aux repères et décider des actions
  • Programmer la revue annuelle et actualiser

Avec ce cadre, la mesure des vibrations facilite les choix techniques (montages, accessoires), l’orchestration des plans d’action et le dialogue entre HSE, production et maintenance. Les ancrages numériques guident les priorités, tandis que la capitalisation des données consolide le retour d’expérience et la résilience organisationnelle.

Sous-catégories liées à Mesure des vibrations

Mesure du bruit environnemental

La Mesure du bruit environnemental complète les diagnostics vibratoires en éclairant l’empreinte sonore sur et hors site. La Mesure du bruit environnemental s’appuie sur des sonomètres conformes et des méthodes de cartographie, avec des indicateurs comme Lden et Lnight. Les interactions vibro-acoustiques sont fréquentes: un engin générant des vibrations peut aussi émettre des basses fréquences gênantes. Dans un pilotage intégré, la mesure des vibrations et la Mesure du bruit environnemental se coordonnent pour calibrer les actions à la source, la maintenance et l’organisation temporelle des activités. Des repères de bonnes pratiques renvoient à ISO 1996-2:2017 pour la caractérisation en façade et à IEC 61672-1:2013 pour la classe de sonomètres, avec étalonnage au plus tous les 12 mois. L’adossement à des périodes de référence (par exemple 24 h pour Lden) sécurise la représentativité statistique. Pour en savoir plus sur Mesure du bruit environnemental, cliquez sur le lien suivant : Mesure du bruit environnemental

Indicateurs acoustiques

Les Indicateurs acoustiques structurent l’analyse des niveaux sonores et la communication des résultats. Les Indicateurs acoustiques tels que LAeq, Lden, Lnight ou des percentiles (L10, L90) permettent de qualifier des situations de bruit fluctuantes, d’alimenter les plans d’action et de dialoguer avec les parties prenantes. Dans une approche conjointe, la mesure des vibrations met en évidence des sources mécaniques, tandis que les Indicateurs acoustiques décrivent leur signature sonore dans le temps. Des repères méthodologiques s’appuient sur ISO 1996-1:2016 pour la terminologie et ISO 9612:2009 pour l’évaluation au poste, avec vérification métrologique annuelle (12 mois) des chaînons de mesure. Les Indicateurs acoustiques facilitent la comparaison de scénarios (avant/après amortissement, écrans, capotage) et la priorisation selon des seuils locaux de conformité. Pour en savoir plus sur Indicateurs acoustiques, cliquez sur le lien suivant : Indicateurs acoustiques

Cartographie du bruit

La Cartographie du bruit matérialise spatialement l’exposition sonore dans et autour des installations. La Cartographie du bruit s’appuie sur des maillages de points, des modèles de propagation et des validations par mesures, pour représenter des iso-niveaux et des zones sensibles. L’articulation avec la mesure des vibrations permet d’identifier les sources mécaniques dominantes et de simuler l’effet de correctifs (capotage, encloisonnement, écrans). Des repères de gouvernance incluent l’usage d’ISO 1996-2:2017 pour les méthodes sur site, et une mise à jour périodique (par exemple tous les 36 mois) lorsque l’urbanisme ou le parc machines évolue. La Cartographie du bruit soutient les décisions d’aménagement, la concertation avec les riverains et l’évaluation des expositions cumulées sur des plages diurnes et nocturnes. Pour en savoir plus sur Cartographie du bruit, cliquez sur le lien suivant : Cartographie du bruit

Campagnes de mesure acoustique

Les Campagnes de mesure acoustique fournissent des données in situ pour caractériser les niveaux et variabilités sonores. Les Campagnes de mesure acoustique peuvent être menées en continu ou par séquences, avec des sonomètres conformes et des protocoles de positionnement en cohérence avec ISO 1996-2:2017. Dans une démarche intégrée, elles dialoguent avec la mesure des vibrations pour relier mécanismes vibratoires et émissions sonores. Des repères opérationnels incluent un étalonnage avant/après, la traçabilité des conditions météo, et des durées d’observation suffisantes (par exemple 15 minutes à 1 heure selon l’objectif) pour stabiliser LAeq. Les Campagnes de mesure acoustique nourrissent la validation de modèles, les plans d’action bruit et le suivi avant/après installation de correctifs techniques. Pour en savoir plus sur Campagnes de mesure acoustique, cliquez sur le lien suivant : Campagnes de mesure acoustique

FAQ – Mesure des vibrations

Quelles normes encadrent la mesure des expositions main-bras et corps entier ?

La mesure des vibrations repose sur trois piliers: ISO 5349-1:2001 (main-bras), ISO 2631-1:1997 (corps entier) et ISO 8041-1:2017 (exigences métrologiques de la chaîne de mesure). En pratique, ces références définissent les pondérations fréquentielles (Wh, Wk), l’orientation triaxiale des capteurs, les domaines de fréquence et les méthodes d’agrégation en A(8). Elles servent de cadre de bonnes pratiques pour comparer les résultats à des repères d’action de 2,5 m/s² et de limite de 5 m/s² (main-bras), ainsi qu’à 0,5 m/s² et 1,15 m/s² (corps entier). La mesure des vibrations doit aussi être assortie d’une vérification métrologique régulière (au plus tous les 12 mois) et d’une traçabilité d’étalonnage. Ce corpus offre une base stable pour documenter l’incertitude et argumenter les décisions de réduction à la source et d’organisation du travail.

Comment interpréter A(8) et relier les mesures à des actions concrètes ?

A(8) représente l’accélération vibratoire équivalente sur 8 heures, calculée à partir des tâches mesurées ou estimées. L’interprétation consiste à comparer ce résultat à des repères d’action (2,5 m/s² pour le main-bras; 0,5 m/s² pour le corps entier) et de limite (5 m/s²; 1,15 m/s²), puis à analyser les contributions dominantes. La mesure des vibrations devient utile lorsqu’elle débouche sur un plan d’actions hiérarchisé: réduction à la source (choix d’outil, réglages), sièges ou suspensions adaptés, organisation des durées (rotations), et maintenance préventive. Il est recommandé d’estimer l’incertitude pour les cas proches des repères, d’homogénéiser les hypothèses de durée et de re-mesurer après modifications. L’important est de lier chaque point de mesure à une décision, puis de suivre l’efficacité à travers des re-mesures planifiées.

Quelle durée et quel nombre de mesures sont nécessaires pour une bonne représentativité ?

La représentativité dépend de la variabilité des tâches, des opérateurs et des équipements. Une règle de bon sens consiste à instrumenter plusieurs cycles complets et plusieurs opérateurs lorsque c’est possible, puis à agréger les durées pour construire A(8). La mesure des vibrations gagne en robustesse en combinant des séquences brèves mais multiples, plutôt qu’une seule séquence longue, surtout dans les contextes fluctuants (BTP, maintenance). Un contrôle fonctionnel avant/après, et une vérification métrologique au plus tous les 12 mois, renforcent la comparabilité. Lorsque la variabilité est très forte, prévoir des re-mesures ciblées à l’approche des repères (2,5/5 m/s²; 0,5/1,15 m/s²). Documenter les conditions (surface, posture, environnement) aide à comprendre les écarts et à éviter les généralisations hâtives.

Quels instruments et accessoires sont requis pour une chaîne de mesure conforme ?

Une chaîne conforme comprend un vibromètre compatible avec les pondérations normatives (Wh/Wk), des capteurs triaxiaux, des accessoires de montage (adapteurs poignées, plaques de siège), un logiciel de dépouillement et des dispositifs d’étalonnage. La mesure des vibrations exige de respecter ISO 8041-1:2017 (exigences métrologiques), d’orienter correctement les axes, de vérifier la bande passante et de documenter l’incertitude. Les accessoires sont déterminants: un mauvais montage fausse les résultats. Un carnet de bord (vérification avant/après, numéros de série, dates d’étalonnage) facilite l’auditabilité. Enfin, prévoir des protections mécaniques et une autonomie suffisante pour éviter les arrêts intempestifs lors des séquences critiques.

Comment réduire les expositions après un diagnostic vibratoire ?

La réduction combine des leviers techniques (substitution d’outils moins vibrants, réglages de vitesse, sièges et suspensions adaptées, amortissement), organisationnels (rotation, pauses, séquençage des tâches) et de maintenance (équilibrage, roulements, pneus). La mesure des vibrations oriente les priorités vers les tâches les plus contributrices à A(8). Il est utile de tester les solutions sur un périmètre pilote, d’objectiver les gains par des re-mesures, puis d’industrialiser les mesures les plus efficaces. Sensibiliser les opérateurs aux bonnes prises en main, à l’affûtage des outils et au respect des procédures contribue aussi à la baisse d’exposition. La documentation des résultats avant/après renforce la gouvernance et justifie les arbitrages budgétaires.

Quelles exigences de traçabilité et d’archivage des données de mesure ?

La traçabilité couvre les identifiants des équipements, les dates d’étalonnage, les paramètres de mesure (fréquences, filtres), les conditions d’essai (posture, surface, météo), les opérateurs, et les scénarios de durée. La mesure des vibrations doit associer chaque enregistrement à une fiche de terrain et à un journal de vérification fonctionnelle. L’archivage centralisé des fichiers bruts et des rapports facilite la comparaison dans le temps et l’audit. Un cycle de revue (par exemple annuel) sécurise la mise à jour des hypothèses et la planification des re-mesures. L’objectif est de garantir la reproductibilité et la transparence des décisions, en alignement avec les bonnes pratiques de gouvernance des données industrielles.

Notre offre de service

Nous accompagnons les organisations dans la structuration de leurs dispositifs métrologiques, l’analyse des expositions et le pilotage des plans d’action. Notre approche combine méthode, transfert de compétences et pragmatisme terrain, afin de rendre les équipes autonomes sur la mesure des vibrations et la décision. Selon les besoins, nous intervenons en appui méthodologique, en formation appliquée ou en assistance à la mise en œuvre, avec un souci constant de traçabilité et de reproductibilité des résultats. Pour découvrir la gamme d’accompagnements possibles, consultez nos services.

Poursuivez votre exploration des bonnes pratiques pour renforcer la prévention en entreprise.

Pour en savoir plus sur Mesure du bruit et des vibrations, consultez : Mesure du bruit et des vibrations

Pour en savoir plus sur Bruit vibrations nuisances, consultez : Bruit vibrations nuisances